ABCI a une nouvelle corde à son arc

Écrit par Le Journal des Entreprises    Mercredi, 02 Mars 2011

La PME d’Arzal forme ses ouvriers à de nouvelles techniques, tout en déplorant certains freins règlementaires qui l’empêchent de mieux les payer.

Avec sa récente diversification vers les appareils de traitement de l’eau pour l’EPR de Flamanville, l’entreprise de chaudronnerie ABCO prépare l’avenir. « Nous nous sommes qualifiés en mode opératoire de soudage, notamment sur des appareils à pression », précise Yvon Rialland, le gérant de cette entreprise basée parc d’activité de l’Estuaire à Arzal.

« C’est mon pari : progresser en technicité et en compétence pour aller peut-être sur d’autres marchés. Pouvoir concevoir un bidon qui résiste à 20 bars de pression, à des conditions sismiques, c’est disposer d’un savoir-faire qui rassure le client. » Une ouverture à de nouvelles techniques qui semble nécessaire vu la baisse de 120.000 € de son résultat courant avant impôts entre 2008 et 2009. Trois salariés se sont perfection

Un million d’euros investis

Lancé en 2002, l’Atelier Breton de Chaudronnerie Industrielle (ABCI) a investi un million d’euros fin 2007 dans 1.200 m² d’ateliers et 300 m² de bureaux. Yvon Rialland est gérant majoritaire à 60 %, ses deux associés Serge Ravel et François Bernard détenant respectivement 22,5 % et 17,5 % des parts. ABCI rayonne nationalement, de Paris à Strasbourg, même si l’entreprise est surtout active dans le Grand Ouest. « Nous avons une cinquantaine de clients dont 20 avec qui nous réalisons 85 % de notre chiffre d’affaires », précise Yvon Rialland. Des donneurs d’ordre comme la Saur-Stereau dans le Morbihan ou EMO à Rennes, qui pèsent jusqu’à 25 %de l’activité selon les années.

« Industrie équitable »

Exclusivement concentré sur la chaudronnerie, ABCI achète ses tôles déjà découpées, notamment à son voisin Bretagne Oxycoupage, son plus gros fournisseur. En fonction de la complexité et de la taille des assemblages, l’entreprise consacre à ses réalisations métalliques de 2 heures à 1.000 heures de travail, sans parvenir toujours à payer comme elle le voudrait ses chaudronniers. « On se rend compte que plus nous augmentons nos salariés, plus nous perdons nos réductions de charges dites Fillon », observe Yvon Rialland. « Ces mesures sont sûrement très adaptées à des grands groupes qui embauchent au SMIC », pas forcément à une jeune entreprise en croissance comme ABCI, passée de trois salariés en 2003 à une vingtaine. « Mieux on paye ses salariés, plus ils font vivre le tissu économique local. Du client au fournisseur, tout le monde sort gagnant de ce schéma », remarque Yvon Rialland, qui veut promouvoir le concept d' »industrie équitable